Reseña del libro "Actes et paroles IV (en Francés)"
I POUR LA SERBIE Il devient nécessaire d'appeler l'attention des gouvernements européens sur un fait tellement petit, à ce qu'il paraît, que les gouvernements semblent ne point l'apercevoir. Ce fait, le voici: on assassine un peuple. Où? En Europe. Ce fait a-t-il des témoins? Un témoin, le monde entier. Les gouvernements le voient-ils? Non. Les nations ont au-dessus d'elles quelque chose qui est au-dessous d'elles les gouvernements. A de certains moments, ce contre-sens éclate: la civilisation est dans les peuples, la barbarie est dans les gouvernants. Cette barbarie est-elle voulue? Non; elle est simplement professionnelle. Ce que le genre humain sait, les gouvernements l'ignorent. Cela tient à ce que les gouvernements ne voient rien qu'à travers cette myopie, la raison d'état; le genre humain regarde avec un autre oeil, la conscience. Nous allons étonner les gouvernements européens en leur apprenant une chose, c'est que les crimes sont des crimes, c'est qu'il n'est pas plus permis à un gouvernement qu'à un individu d'être un assassin, c'est que l'Europe est solidaire, c'est que tout ce qui se fait en Europe est fait par l'Europe, c'est que, s'il existe un gouvernement bête fauve, il doit être traité en bête fauve; c'est qu'à l'heure qu'il est, tout près de nous, là, sous nos yeux, on massacre, on incendie, on pille, on extermine, on égorge les pères et les mères, on vend les petites filles et les petits garçons; c'est que, les enfants trop petits pour être vendus, on les fend en deux d'un coup de sabre; c'est qu'on brûle les familles dans les maisons; c'est que telle ville, Balak, par exemple, est réduite en quelques heures de neuf mille habitants à treize cents; c'est que les cimetières sont encombrés de plus de cadavres qu'on n'en peut enterrer, de sorte qu'aux vivants qui leur ont envoyé le carnage, les morts renvoient la peste, ce qui est bien fait; nous apprenons aux gouvernements d'Europe ceci, c'est qu'on ouvre les femmes grosses pour leur tuer les enfants dans les entrailles, c'est qu'il y a dans les places publiques des tas de squelettes de femmes ayant la trace de l'éventrement, c'est que les chiens rongent dans les rues le crâne des jeunes filles violées, c'est que tout cela est horrible, c'est qu'il suffirait d'un geste des gouvernements d'Europe pour l'empêcher, et que les sauvages qui commettent ces forfaits sont effrayants, et que les civilisés qui les laissent commettre sont épouvantables.
Víctor Marie Hugo (Besanzón, Francia, 1802 - 1885) fue un escritor, poeta, dramaturgo y político francés, figura central del Romanticismo y una de las voces literarias más influyentes del siglo XIX. Su obra abarca novelas emblemáticas como Los Miserables (1862), que denuncia la injusticia social en la Francia del siglo XIX, y Nuestra Señora de París (1831), que retrata con fuerza la vida en el París medieval. En teatro, revolucionó el género con piezas como Hernani (1830) y Cromwell (1827), mientras que su poesía, destacada en colecciones como Las contemplaciones (1856) y La leyenda de los siglos (1859-1883), combina lirismo y compromiso social.
Exiliado durante cerca de 20 años por su oposición al régimen de Napoleón III, produjo gran parte de sus obras más significativas en ese período, también ampliando su labor política como diputado y senador tras su regreso. Fue reconocido con la membresía en la Academia Francesa y la Legión de Honor. Su legado literario y político sigue siendo un referente para la justicia social y la expresión artística.
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