Reseña del libro "L'Épaule des Nuits Pourpres (en Francés)"
L'Épaule des Nuits Pourpres est chronologiquement mon premier recueil de poèmes jamais établi. J'avais peu à peu commencé à le composer au beau milieu des années 1990, alors que je ne fus encore que lycéen, puis étudiant - et je reconnais à présent qu'il s'agit d'une littérature surréaliste, pour ne pas dire une tentative inattendue en la matière. Finalement, ce recueil n'est qu'un prélude détonant à tout ce que j'aurai écrit par la suite ; et la chose reste à ce jour troublante, tant l'écriture automatique et psychédélique y fut présente.
Durant cette aventure quasi-lautréamontesque, lyrique et juvénile que constituent toutes ces Nuit Pourpres , la démence passionnée de la Création et la Nostalgie réellement vécue de ce monde - un monde nocturne marseillais, en huit-clos, en quelque sorte - se mêlent et se joignent au récit d'une adolescence hagarde et à son esprit incontrôlé, qui, notifiant jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, une sensation poétique fondamentale à chaque fois différente, exprime - pour qui sait la lire - une généalogie de l'onirisme et de la véritable recherche artistique sous la forme d'un tel prélude balbutiant et déjanté.
Ne respectant précisément aucune convention littéraire, ni aucune codification métrique, de tels écrits révèlent ce qu'ils sont bel et bien : un paysage languissant, un séjour secret et enfoui, un temps qui s'est arrêté et qui contemple ainsi la mélancolie de tous ces moments dont les visages vénérés et le souvenir sans fin dévoilent une évasion, accomplie non sans l'espérance d'un Amour inaccessible.
Ainsi, le poète-adolescent - tel Icare regagnant une aube funeste et inexorable - se perd en lui-même et se brûle les ailes dans sa quête de la perfection du Sentiment, dans un voyage initiatique qui, ardent de la fascination de connaître le Sublime, le Rare et l'Incongru, pousse ce compositeur hanté jusqu'aux limites de sa Nuit Sacrée où il trouvera la Fin de l'Idéel et la décomposition de son Identité.
Arthur Rimbaud avait dit autrefois : On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Or, le Rêve, l'Idéal, le Délire, l'Extrême et la Recherche ne sont-ils pas en soi les seuls vrais témoignages de la Beauté et de la Jeunesse ? Et l'on ne saurait désirer autre chose.
LUDWIG W. R. VON ZEEGER,
Marseille, samedi 26 octobre 2019.